Samedi 8 juillet 2006 6 08 /07 /Juil /2006 15:26

La sirène, la nymphe, la nixe, l'ondine, la vouivre, Mélusine...

1. La sirène

Tout d'abord, il est important de noter que la sirène telle que nous la connaissons dans notre imaginaire, n'a cette forme que depuis le 8° ou le 9° siècle. Auparavant, on les voyait comme des oiseaux aux visages de femme, à la poitrine généreuse et pourvus de serres puissants.

 

 

a/ La sirène médiévale

Elle représente toutes les tentations, Ulysse qui a résisté aux chants des sirènes est érigé en exemple, il ressemble d'ailleurs étrangement au Christ accroché, non sur une croix mais au mât de son bateau... Orphée, qui leur a résisté grâce à sa musique, peut aussi être une réprésentation du Christ et sa musique serait la parole divine et des apôtres.

La sirène est la représentation des plaisirs et des tentations charnelles... son chant est une invitation au pire... un bon chrétien ne doit pas faire attention à ce chant maléfique mais seulement à la Parole de Dieu. D'ailleurs, dans certains textes du Moyen-Âge, les traducteurs de la Bible n'hésitent pas à "confondre" sirènes et chacals, sirènes et sorcières, suppôts de Satan. D'ailleurs, souvent pour montrer leur nature maléfique, elles étaient présentes au fronton des églises, avec des jambes d'écailles largement écartées, enceintes ou avec des enfants... parfois elles ont un aspect hideux, parfois merveilleux. Elle représente le péché, la luxure, elle est la femme belle, tentatrice. D'ailleurs, ces croyances sont assez néfastes pour les femmes au Moyen-Âge, comme le prouve les nombreux procès de sorcellerie... contre des femmes qui étaient en général de simples guérisseuses...

Au 8° ou 9° siècle, on mentionne pour la première fois une sirène à queue de poisson... elle perd ses ailes qui sont après tout l'apanage des anges ... pour tomber dans la mer tel un ange déchu. Cependant, cette transformation va lui donner un symbole du Christ : le poisson... un certain paradoxe... Cela peut être interprété comme une malice de Satan qui détourne l'emblème chrétien pour séduire de pauvres croyants... En astrologie, le symbole des poissons est double : un poisson représente le Christ, l'autre la sirène : la part d'ombre de la religion qui nie sexualité et féminité. La sirène n'est donc pas l'adversaire satanique du Christ, mais sa part cachée. Dans le christianisme, la seule femme glorifiée est la Vierge Marie, il existe cependant une autre femme : Marie-Madeleine, la prostituée sauvée par l'amour du Christ.

Dans les bestiaires médiévaux, elles apparaissent tantôt comme des femmes-oiseaux, tantôt comme des femmes-poissons... cependant, le résultat est le même : elles charment les hommes par leur chant légendaire avant de les faire périr dans d'atroces souffrances. Peu importe ses attributs, elle représente la luxure, les plaisirs de la chair, la prostituée donc.

En effet, la sirène aux yeux de l'Eglise représente les croyances païennes dans toute leur splendeur, c'est pour cela qu'elle érige la sirène en représentant de Satan. Il en est tout autre dans les pays dit "celtes", comme la Bretagne, l'Ecosse, l'Irlande ou les îles anglo-normandes, les sirènes ou mermaids ("vierge marine") sont considérées comme positives. Ceci est dû à la tradition celte qui vénèrent les images de la féminité : fée, sirène...

 

 

b/ D'une certaine rationalisation de la sirène à son commerce

A la renaissance, tout change pour la sirène, elle n'est plus la tentatrice qui essaient d'attirer les bons chrétiens sur de mauvais chemins, mais elle devient la réprésentation de la "Madone" des mers, ornant la proue des bateaux comme une protectrice, seule femme autorisée à bord... passant du statut de naufrageuse à celui de protectrice des mers. Elles sont à la proue les cheveux au vent, torse bombé. Elles sont peintes en bleu et rouge, couleurs réservées au Moyen-Âge à la Vierge...

Elles ornent également les représentations cartographiques des mers, sont les vedettes de ballets aquatiques...

Sirène de René Lalique

La Renaissance est aussi l'époque où on a cherché à vérifier l'existence des sirènes. Des récits de voyages, des traités zoologiques ou géographiques abondent sur de prétendues rencontres avec des sirènes aux quatre coins des océans : ainsi, les rois d'Espagne Charles Quint (Carlos Quinto) et Felipe II, des explorateurs, des marins, le roi Manuel I qui a découvert le Brésil, auraient capturé des sirènes qui hors de leur habitat naturel se laisse mourir de faim, le roi, bon seigneur, les relâche dans la mer mais avec des chaînes.

Les sirènes fascinent mais on les craint encore : en effet, chaque marin est obligé de jurer qu'il n'aura jamais une relation "contre nature" avec une sirène, pour éviter de donner naissance à un "homme-poisson".

La présence de plusieurs animaux peuvent expliquer la rencontre avec des sirènes; en effet, les marins qui voyaient des sirènes voyageaient pendant des mois et des mois, sans avoir vu une seule femme...tout pouvait donc ressembler à une femme dans leur esprit. Les sirènes auraient pu très bien être :

  • des lamantins : cétacé herbivore de 3-4 m de long, avec "espèce de sein" et un visage humain mais laid. Ils poussent des gémissements qui auraient pu être assimilé au chants des sirènes.

                                                          

  • des dugongs : cétacé des Indes au museau aplati, qui poussent également des espèces de gémissements

  • des mantas : espèce de raie munie de 2 bras et d'un ventre tout blanc.

 

Plusieurs légendes établissent que parfois les sirènes vont et viennent devant le public bouche bée...

Objet de convoitise, la sirène est parfois naturalisée, et on utilise même dans certains cas des parties de son anatomie comme des remèdes puissants.

De là, découle au 19° siècle, un véritable commerce de la sirène... elle devient un objet de foire : dans la plupart des cas il s'agit de parties d'animaux morts qu'on a rassemblé pour que cela ressemble à une sirène. Les chinois deviennent maîtres dans l'art d'exhiber des monstres de foire... les plus crédules repartent aussi avec de prétendues sirènes. Certaines de ces "sirènes" sont en fait des bébés frappés d'une maladie très rare (une naissance sur 100 000) : la sirènomalie (http://www.sirenomelia.org/fr/index.php). Leur corps se terminent en queue de sirènes et ces bébés meurent en général quelques heures après la naissance.

Au 18° siècle, plusieurs savants avancent des thèses selon lesquelles la sirène existe et qu'elle est la survivante de la race primitive des hommes (Benoît de Maillet) ou que l'espèce humaine aurait vécu pendant un certain temps dans l'océan, au moment de sa séparation avec les grands singes (Morris).

 

c/ Dans les contes et légendes...

Dans les contes et légendes, la sirène est tantôt la bonne fée, tantôt la méchante...il en résulte un certain nombre de légendes diverses et variées, qui concernent non seulement les sirènes "classiques" que l'on connaît mais aussi tout une myriade de femmes aquatiques ou maritimes, qui répondent à de très différents noms... ondines, nixes, nymphes, femmes-selkies, Mari-Morgans, etc.. que nous verrons un peu plus bas...

Elle récompense le sabotier qui l'a remis à la mer, une autre sauve une jeune fille jetée à la mer par sa marâtre.

Lorsqu'on est en pleine mer, en voir une annonce le mauvais temps et en toucher une mène à vivre dans son palais sans que la sirène y soit pour quelque chose, l'invocation d'un saint serait un moyen de se protéger contre ce type d'enlèvement.

Parfois au 19° siècle, on colporte l'histoire de méchantes sirènes, qui habitent dans des grottes du littoral, en fait il s'agit de dissuader les curieux de visiter ces grottes qui renferment les trésors de contrebandiers.

Dans certaines parties de la France, leur chant est un présage de mauvais temps.

Pour certains, ils existent des sirènes fluviales, qui sont dépourvues d'âme et vivent jusqu'au Jugement Dernier. En fait, elles auraient les âmes des gens qui se noyent dans la rivière, après qu'elles leur aient sucé la cervelle, le sang et mangé les tripes, le foie et le coeur...Là on est loin de la "gentille" sirène!

 

2. Femmes aquatiques dans les légendes

a/ Les femmes-phoques, Selkies des îles Shetland

Ce sont de jolies jeunes femmes qui revêtent une peau de phoque pour pouvoir plonger dans l'océan. Si elle l'égare sur terre ou qu'on leur vole, elles ne peuvent plus retourner dans l'eau. Elles sont phoques à part entière une partie du temps et humaines à certaines dates.

Si un homme trouve la peau et la cache chez lui, la selkie est sous son contrôle, elle accepte alors de devenir son épouse et de lui faire des enfants mais si un jour elle retrouve sa peau, elle retournera dans son habitat naturel.

Cette structure d'histoire : la créature qui devient humaine puisqu'on lui a pris un de ses attributs mais quand elle le retrouve peu importe le nombre d'années et ce qui a été construit, s'enfuit dans son habitat premier sous sa forme de naissance... est assez classique pour ce type de créature dans les contes et légendes...

 

b/ Les Mari-Morgans

Ce sont des femmes marines sans queue de poisson qui vivent plutôt près des côtes qu'en pleine mer.

On les qualifie d'effrontées et de sorcières : en effet, elles ont tendance à poursuivre les marins de leur ardeur et quiconque succombe à leur charme ne revient jamais, car il arrive dans un palais de nacre et de cristal et est obligé d'épouser la Mari-Morgan qui l'a séduit sans aucun espoir de revenir sur terre.

Ces palais comme tout palais sous-marins sont connus pour leur luxe et leur grandeur.

Des Mari-Morgans habiteraient encore dans une grotte près de Crozon...

 

c/ Les Morgans

Il s'agit d'hommes et de femmes de petites tailles et gracieux qui habitent Ouessant.

Ils sont réputés bons et charitables, ils n'hésitent pas à rendre service à qui est dans le besoin.

Les Morganes apparaissent souvent au clair de lune, démêlant leur longs cheveux blonds. Le jour, elles font sécher leurs trésors sur de grands draps blancs, ce que l'on appelle le "linge des fées marines".

 

d/ Les nymphes antiques

Ce sont de sveltes demoiselles, des êtres élémentaires comme les fées, elles peuvent vivre très longtemps, mais ne sont pas immortelles. Elles connaissent les sciences occultes et peuvent se metamorphoser. D'ailleurs, elles n'hésitaient pas à donner leurs grâces (poésie, pouvoir de divination...) au mortel de leur choix.

Dans de nombreuses mythologies, les nymphes sont des divinités subalternes, membres d'un large groupe d'esprits de la Nature de sexe féminin.

Le mot grec νύμφη a plusieurs significations dont « jeune fille en âge d'être mariée », « fiancée », « vierge ». De fait, les nymphes personnifient les activités créatives et productives de la Nature.

Elles sont quelquefois liées à un lieu ou un élément particulier, et pouvaient faire l'objet d'un culte local. Elles accompagnent parfois d'autres divinités, dont elles forment le cortège.

Leur nom a donné naissance au terme « nymphomanie », en référence aux nymphes grecques réputées pour leurs nombreuses aventures.

Les nymphes du monde ;

- la Fossegrim (Norvège) : naïade de 30 cm de haut aux cheveux dorées qui chante magnifiquement.

- la Roussalka (Russie) : naïade des fleuves et de la mer Noire, à la longue chevelure dorée, elle a une main humaine et une nageoire.

- Akkwa / Sacien ( Laponie)

- Vodanoï (Russie)

- Kowelen (Chine)

 

e/ Les femmes des fontaines

Elles sont jolies, malicieuses mais parfois cruelles. Leurs cheveux qu'elles peignent à la surface de l'eau sont soit blonds, soit verts de mer. Leurs lèvres sont couleur corail et leurs yeux verts. Contrairement aux sirènes, elles pousseraient des cris avec des intonations sauvages.

L'ondine / nymphe est attirée par la lumière solaire et l'eau qui sont son énergie quand elle en accumule trop, elle libère le trop plein (éclair de lumière et de couleur). L'eau est aussi un danger pour elle quand elle l'a quitté pour se marier (objet de nombreux contes), elle ne peut plus retourner sur l'eau sous peine de ne plus revenir.

Lorelei, la petite sirène du Rhin ou nixes selon les légendes. Elle serait l'une des Filles du Rhin popularisées par la légende des Nibelungen. Elles habiteraient sur un rocher célèbre pour son écho mais dangereux pour les matelots.

En général, les naïades et ondines sont considérées commes des refuges.

Les dames des fontaines rendaient fous ceux à qui elles apparaissaient. D'ailleurs, on raconte que les fontaines naissaient soit du bon vouloir ou des larmes d'amour déçu d'une fée ou d'une naïade.

Il existe beaucoup de fontaines baptisées d'après un nom en rapport avec des fées : fontaines aux fées, aux demoiselles, à la Dame, aux Dames...

Tous ces noms supposent des légendes comportant des fées qui ont créé, habité près des fontaines en question. Des siècles de christianisme n'ont pas pu abolir ces divinités païennes. Tout comme elles peuvent les créer, les fées et ondines peuvent tarir les sources et fontaines si on leur manque de respect.

Une tradition affirme qu'il faut apporter des offrandes aux fées des fontaines du pain, des épingles, des assiettes cassées et tessons de bouteille. Ce rituel avait notamment lieu à la fontaine de Barenton de Brocéliande.

Les fées font leur toilette auprès de "leurs fontaines". Elles sont en général blondes avec de longs cheveux qu'elles peignent avec un peigne d'or ou d'ivoire. Il leur arrive aussi de se baigner dans des sources la nuit. Cependant, elles supportent assez mal qu'on les surprennent. Tout comme elles n'aiment pas qu'on souille leur fontaine.

Il existe également des fées, sorcières d'eau qui selon les endroits ont des noms différents : blanquette, marluzenne, macrale d'aive... Elles peuvent être bonnes ou mauvaises selon les légendes.

Une légende parle des fenettes: fées sveltes aux yeux verts et aux longs cheveux qui habitent des îles marécageuses sur le lac Léman. Les habitants des alentours les craignent, car quiconque les entend ou les voit meurent dans l'année.

Une fée dans le Dauphiné qui dévore la chair des curieux et des passants. Une fée dans les Vosges qui fait une peur bleue aux passants qu'elle attrape.

 

f/ Les vouivres et Mélusine

Vouivre, wivre, wouivre, waouvre ou guivre : sorte de dragon ou serpent ailé qui vient s'ébattre dans les eaux de Franche Comté ou du Morvan sous l'apparence d'une naïade. Elle porte à son front un diamant ou une pierre précieuse, qu'elle doit déposer près de l'eau avant d'y plonger. Celui qui pouvait s'en saisir devenait immensément riche, à condition d'échapper à la vouivre.

La reine des Vouivres est Mélusine: la fée, femme - serpent.

Elle est citée dans plusieurs endroits de France mais son domaine reste Lusignan dans le Poitou.

Son statut n'est pas très clair : elle est tour à tour la dévoreuse d'enfants et la porteuse de lumière, elle est qualifiée de nymphe, de magicienne, de démonne... On l'identifierait même parfois à Aliénor d'Aquitaine.

Mélusine représentée sous forme d'un dragon volant au dessus de Lusignan.

La légende :

Elle est la fille d'une fée Pressina et du roi d'Albanie. Le roi a rompu sa promesse de ne pas lui rendre visite au moment des couches et elle le quitta donc en compagnie de ses filles Palatine, Mélusine et Mélior et alla s'installer sur l'Ile Perdue. Quand Mélusine apprit la trahison de son père, elle décida de le punir : le capturer et l'enfermer dans une montagne, non sans avoir rallier ses soeurs. Lorsque leur mère apprit la nouvelle, les trois soeurs furent punis, Mélusine à l'instigation de la vengeance fut puni plus durement : elle fut condamnée à se changer le samedi de la taille aux pieds en serpent  jusqu'à qu'elle rencontre un homme qui accepterait de ne pas la voir ce jour-là.

Elle parcourut donc le monde jusqu'à Lusignan et y rencontra Raymondin, qui venait de tuer accidentellement son oncle. Il fut séduit par ses manières aimables et son charme. Ils se marièrent assez vite, elle accepta à condition qu'il ne cherche pas à la voir le samedi.

Mélusine, toujours ensorcelée, eut 8 fils tous atteint de malformation, cependant, ils étaient tous d'une bravoure exceptionnelle, ce qui leur valu de faire des mariages avec de bons partis.

Le frère de Raymondin qui voulait la rencontrer se présenta au château un samedi. L'époux de Mélusine lui expliqua que sa femme n'y est pour personne ce jour-là. Jaloux et vexé, son frère insista en suggérant que Mélusine pouvait avoir un amant. Raymondin se précipita dans la tour de Mélusine, ce qu'il vit lui arracha un cri. Mélusine étant découverte, se changea en serpent ailé et s'envola...

Une autre version : Il s'en va sans être vu... mais lui reproche un peu plus tard d'être le contaminateur de sa race (son fils a tué son oncle). Mélusine le maudit, lui et sa postérité, avant de disparaître lui fait une déclaration. Raymondin, inconsolable, se retire du monde et vit en ermite jusqu'à sa mort.

Mélusine est également le nom d'un vent.

Il existe une infinité de légendes sur Mélusine :

- une Mélusine, genre "marâtre de Blanche Neige", qui enferme ses filles dans un château sous la mer, car elles sont plus belles qu'elle.

- en Allemagne, la princesse de l'eau, un chevalier rencontre une jeune fille très jolie, après quelques temps, il la demande en mariage, elle accepte à condition qu'il ne cherche pas à la voir le vendredi. Pendant des années, tous se passe bien, ils ont de nombreux enfants. Jusqu'au jour où un chevalier noir demande à voir la princesse et éveille la curiosité et la jalousie de son mari. Après avoir fouillé tout le château, il la découvre à moitié femme à moitié poisson. La princesse découverte, disparut. Le chevalier comprit trop tard la mauvaise influence du chevalier noir. Il finit par mourir de chagrin, suivi de ses enfants, inconsolables.

Ces légendes reflètent l'incapacité des hommes à respecter jusqu'au bout le tabou, en l'échange de l'amour de Mélusine. Victimes d'impatience, d'avidité, de jalousie, ils gâchent leur chance de s'allier à une fée.

Beaucoup de légendes reprennent la structure de l'histoire de Mélusine : la femme-daurade (Japon), la femme-carpe (Corée), la femme-oiseau, la femme-phoque, la femme-singe, la femme-buffle...

 

g/ Les nixes

La nixe est un génie ou nymphe des eaux dans la mythologie germanique, parent en France (notamment Alsace) de l’ondine.

Femmes des eaux stagnantes et mortes, elles sont coutumières des bals de nuit et séduisent les jeunes gens et dansent avec jusqu'à ce qu'ils finissent noyer dans l'étang le plus proche.

Elles n'ont pas de queue de poisson et peuvent donc se déguiser et se parer des plus belles toilettes. Parfois aussi elles dansent au-dessus des eaux, où il y aura bientôt une noyade.

On les reconnait à leurs yeux verts profonds et troubles, leurs corsets verts de mer en écaille, leurs ceintures de serpent et le bas de leurs robes toujours humides.

Le maître des Nixes est Nix ou Nichus, il est méchant et cruel. Son second est un nain extraordinaire Nixcobt d'apparence grotesque, dont le corps est couvert d'écaille à plusieurs endroits, leurs yeux et cheveux verts. Ils rendent visite aux parents des noyés du Rhin et aiment jouer des farces aux vivants.

Les nix masculins : nicker, nickelmann, wassermann sont vieux, barbus et possédent des dents vertes comme des écailles de poissons. Leurs mains sont douces mais froides. Ils sont cruels et rancuniers. Comme les nixes, ils apparaissent dans des bals pour ensorceler les jeunes filles qui se jettent par la suite dans le lac le plus proche.

 

h/ Les fées lavandières

Ce sont des fées de l'eau qui lavent leurs linges la nuit. Dans certains endroits, elles sont mi-anges, mi-serpents.

Parfois, elles donnent aux eaux des propriétés magiques : le linge ressort toujours propre ou on met une pièce de linge et on en ressort deux.

Cependant, ses femmes sont les lavandières de la mort, dans certaines régions, quiconque ose toucher le linge mis à sécher se transformait en pierre. Elles séduisent aussi les jeunes hommes pour pouvoir les dévorer.

Les lavandières ont l'habitude de demander aux passants et curieux de les aider à tordre leur linge. S'ils refusent, elles les noient, s'ils acceptent, elles leur cassent les membres en leur tordant les bras ou leur coupent les mains. C'est pour cela qu'il faut le tordre dans le sens inverse autrement que d'habitude, même dans ce cas, elles peuvent se mettre en colère et les assomer à coups de battoir.

D'ailleurs voir une lavandière est un présage de mort.

Parfois, dans certaines régions les linges qu'elles lavent inlassablement ne sont pas du tissu mais les corps de bébés et d'enfants qu'elles peuvent être condamné à laver, alors qu'ils ne seront jamais propres. Elles peuvent être des mères infanticides. En général, ces lavandières ont l'apparence de belles jeunes filles, des dames blanches mais elles peuvent être également être des squelettes. Elles filent le linge du purgatoire.

D'aspect funèbre, elles lavent les linceuls et suaires. Entre Anjoutey et Offemont, l'étang des Pâles de la nuit est réputé maudit. Une dame blanche aux longs cheveux apparait pour séduire le curieux, qui finit dans les eaux vaseuses du lac. D'autres femmes apparaissent alors pour danser au-dessus de lui jusqu'à ce qu'il disparaisse dans l'eau.

Les âmes du purgatoire errent à proximité des sources mystérieuses, c'est pour cela qu'on jette souvent une épingle dans les sources pour que les revenants puissent rattacher leurs suaires. Même lorsqu'on nettoye la fontaine, on laisse les épingles.

 

i/ Les Dames du Lac

Viviane : fée dont Merlin tomba sous le charme. Il lui apprit beaucoup de ses tours. Il lui construit un palais de cristal qu'il enfouit au fond du Lac de Viviane (dans la forêt de Brocéliande, il existe encore aujourd'hui près du centre de l'imaginaire arthurien). Viviane, devenue la Dame du Lac, enlèva Lancelot dont elle fit l'éducation dans son palais. Elle fut également celle qui donna l'épée d'Excalibur à Arthur.

Morgan ("née de la mer") est la sœur d'Arthur et la grande prêtresse d'Avalon. Elle est magicienne et guérisseuse, à la fois bienveillante et malveillante. Appelée également Morgue, Morgain, Morigena ou Morrigane, elle connait toutes les plantes et les remèdes (elle soigna Arthur lorsqu'il fut blessé) et possède toutes les grâces et tous les dangers de la sirènes.

Viviane et Morgane sont disciples de Merlin. Selon certains, Viviane est la mère nourricière et l'initiatrice qui élève le meilleur chevalier, Lancelot. Morgane est celle qui lui permet de devenir le meilleur chevalier, en lui dressant des obstacles.

Sur un plan manichéen, Viviane serait celle qui construit et Morgane celle qui détruit. Mais c'est plus compliqué que cela, elles s'équilibrent et se complètent. Morgane reprend une des composantes de la Grande Déesse : celle qui met des obstacles et qui entrainent les héros à se surpasser.

Dans la forêt de Brocéliande, au fond du Val sans retour "enchanté" par Morgane pour y garder enfermés les amants volages et infidèles, se trouve le miroir aux fées, un étang où les fées verifient leur reflets le matin.

Comme Viviane, de nombreuses fées par delà la France ont un palais de cristal sous un lac où elles emmenent des jeunes gens qui leur manque de respect ou qu'elles séduisent...

Il existe également des "lacs des fées" : étang des fées, lac aux fées, lac de la fée, auprès desquels ou dans lesquels, il ne vaut mieux pas défier ou invoquer les dames du lac.

 

 

Source : Sirènes et ondines Edouard Brasey

Wikipedia

Par Teddipearl - Publié dans : Créatures fantastiques
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Commentaires

Allez regarder sur http://lepinoche.free.fr/index.php, c'est un recueil de photos sur le thème de la sirène. Une approche originale...
anne M. 
Commentaire n°1 posté par anne Mauvais le 06/10/2009 à 13h24

Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-15, THÉOREME EXCALIBUR.- La voie des souffrances ?.

Commentaire n°2 posté par (Clovis Simard,phD) le 29/01/2012 à 23h51

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