La chasse aux sorcières...

Vendredi 31 mars 2006

La sorcellerie reflète, avant tout, le problème de la femme dans la société chrétienne. En effet, la femme est marqué par le péché originel. Dans l'histoire de la pomme et du serpent, Eve joue le rôle de l'agent du Diable. Son corps inquiète car on ne le connait pas. La sorcellerie est également le mode de représentation du monde et des forces invisibles qui l'animent.

 

D'ailleurs, en 1923, Freud a étudié les cas de sorcellerie et de sabbat du 17° siècle et montre que cette obsession d'accouplement avec les succubes et incubes n'est qu'un exutoire névrotique d'une sexualité refoulée par une religion très répressive dans ce domaine.

 

 1. Définition

 

La sorcière est une personne qui est soi-disant lié au diable grâce auquel elle pratique une magie traditionnelle, secrète et illicite ou dangereuse.

 

 2. La chasse aux sorcières

 

2.1 Prémices

 

A l'origine, c'est la guérisseuse du village, la femme qu'on va voir en cas de problèmes. Elle connaît les plantes et soigne aussi bien qu'un vrai médecin : elle fait partie du folklore du début du Moyen-âge.

 

Mais les temps changent : les commerces se développent, le climat se refroidit, des épidémies de pestes ravagent les pays. Les religieux de l'époque s'inquiètent et par peur qu'une personne érudite ne se pose des questions sur le rôle de Dieu dans tout ça ou peut-être pour se rassurer eux-mêmes, ils décident de rendre responsable le Diable.

 

En 1326, la sorcellerie est officiellement assimilée à l'hérésie.

 

Ainsi, dans le Malleus Maleficarum (le marteau des sorcières), deux inquisiteurs associent des récits folkloriques à des rumeurs. Ce livre, paru au 15° siècle, a contribué au génocide de plusieurs millions de personnes. Il affirme que les sorcières sont unies au Diable par un pacte et qu'évidemment elles sont très dangereuses. De plus, il détaille la magie utilisée par les sorcières, les différentes méthodes pour traiter cette sorte d'hérésie ainsi que celles pour exorciser la possédée.

 

De cette manière, ils ont un bouc-émissaire, une personne à blâmer, à punir pour le désordre qui règne dans le monde. Par la punition de la sorcière, c'est l'ordre social qu'on essaie de maintenir face à la désintégration du monde.

 

La sorcière "type" est vieille et laide, elle vit seule avec des animaux à l'écart du village : c'est une femme fragile et elle est donc plus facile à attraper.

 

La sorcellerie démoniaque a été inventée par les élites sociales, laïques, lettrées et ecclésiastiques par le truchement de sermons, de conversations de village, de légendes, de contes, de sermons, de témoignages d'accusés.

 

En 1532, Charles Quint publie le Nemesis Carolina, un des textes qui a sûrement influencé le Parlement de Dole. Il indique la procédure à suivre contre la sorcière, en ayant recours si besoin à la torture, pour la faire avouer et avoir le maximum d'information sur le sabbat, les liaisons avec le diable, les pratiques de sorcellerie.

 

2.2 Prise de conscience et fin des procès

 

Peu à peu, l'inquiétude grandit et on agit avec plus de discrétion pour éviter une soi-disant diffusion du savoir. Ainsi, on assouplit certaines règles : les enfants sorciers ne sont plus brûlés, on les catéchise, les instruit et on leur fait réaliser leurs abominables pêchés, puis ils doivent se confesser ou ils sont exorcisés. Dans le pire des cas, on les fait assister à l'exécution de leur parents, puis on les envoie en maison religieuse.

 

Entre 1623 et 1644, le pape Urbain 8 s'inquiète de la répression féroce qui fait rage et demande aux juges de faire preuve de discernement.

 

Dans la seconde moitié du 16° siècle, face aux ouvrages de répression, sont publiés des livres pour défendre les sorciers. Ainsi, Jean Wier (médecin et philosophe) déclare croire au diable et aux sorciers, mais s'indigne contre les procès intentés contre de vieilles femmes dont l'esprit est altéré par Satan. De son côté, Montaigne essaye de convaincre dès 1580, de croire à ce qui est humain. Au 17°, les défenseurs des sorciers se multiplient. Cyrano de Bergerac va jusqu'à affirmer qu’il ne croit pas aux sorciers.

 

La fin des procès peut s'expliquer par trois phénomènes : le doute sur la culpabilité des accusés, acceptation d'une erreur judiciaire et la volonté de remédier à ces erreurs.

 

La chasse aux sorcières s'est arrêtée au 18° siècle car on n'y croyait plus, c'est ainsi que s'est développé le mythe du vampire. La sorcellerie a certes connu un regain d'intérêt au 19° siècle avec le Romantisme.

 

  

 

 

 

 

 

 3. Les pratiques démoniaques

 

3.1 Le sabbat

 

Le sabbat appelé aussi vauderie ou synagogue (synonyme couramment utilisé dans les textes francophones de l'époque) est la fête en honneur du Diable.... Il a lieu le jeudi, c'est-à-dire, avant les jours saints des trois principales religions : le vendredi pour les musulmans, le samedi pour les juifs et le dimanche pour les chrétiens.

 

Il faut s'oindre le corps d'un onguent pour s'y rendre plus vite. Il y a un diable grand sous la forme d'un singe, d'un chien, d'un bouc ou d'un homme. On prononce un sermon contre la religion chrétienne, on fait un banquet qui se finit par une orgie, dont la seule règle est l'accouplement au hasard. Ensuite, il faut renoncer à la religion, la Trinité , la Vierge , fouler et cracher sur le crucifix. A la fin, a lieu une messe noire : l'eucharistie est donnée à des crapauds qui, une fois réduits en poussière, servent de base à des maléfices. Pour finir, les participants doivent baiser les fesses du Diable sous la forme d'un bouc.

 

3.2 Le pacte

 

Le Diable profite d'un moment de faiblesse, d'égarement pour pactiser : l'élu renonce à la religion catholique pour le Diable et en échange, il partage avec l'élu les secrets des maléfices. La victime a beau s'asperger d'eau bénite pour résister, le Diable est plus convaincant. Le Diable appose sa marque et cet accord est scellé par une étreinte pas toujours très agréable pour le sorcier, même douloureuse parfois. Le Diable lui offre quelques pièces d'or qui disparaissent, car elles sont fausses, se transforment en boue ou en excréments.

 

3.3 La possession diabolique ****

 

La possession est différente de la sorcellerie, elles ont souvent été confondues. Ce dernier phénomène est surtout rural, a sévit du dernier quart du 16° au premier tiers du 17°siècle, elle paraît massive et sauvage. Au contraire, la possession est plutôt urbaine et isolée, des cas en 1599, en 1612, puis Loudun (1632-40), Louviers (1642-47), Auxonne (1658-63). De plus, les possédés sont d'un niveau social moyen : il y a un moins de différence entre le juge et le possédé, qu'entre le juge et le sorcier. Le statut de possédé passe progressivement d'accusé à victime.

 

Le démon envahit le corps, l'âme et l'esprit d'une victime. Les cas de possession sont relatés en détail dans la presse car le peuple raffole de ces histoires. Elle est permise par Dieu, juste pour montrer sa supériorité par l'exorcisme.

 

Le cas d'Hélène Poirier, "la possédée de Coullons" est célèbre... Elle a souffert physiquement et moralement : le diable la visite ... Au début, l'Eglise reste muette, mais après enquête, elle conclut à une véritable possession.

 

Il y a aussi des cas plus spectaculaires comme celui de Morzine : en 1857, deux fillettes accusent une femme d'un village voisin d'avoir ordonné leur possession. Bientôt, toute leur école est possédée. Le médecin local diagnostique une cause surnaturelle. Des médecins spécialistes des maladies nerveuses concluent à une monomanie et isolent le village. L'évêque interdit les exorcismes, mais le curé en fait quand même... En 1860, 120 personnes sont possédées, il s'agit d'esprits fragiles influencés par les exorcismes. En plus, l'isolement a bloqué l'évolution des mentalités. Pendant 6 ans, la possession a touché 200 personnes. Un sermon du curé, la venue de l'inspecteur du service "d'aliénés", l'intervention d'un détachement de gendarmerie, la menace d'emprisonner les malades, leur isolement dans différents hôpitaux et un nouveau curé ont ramené le calme...

 

La possession devient une maladie hystérique, grâce à des travaux du Dr Charcot à la Salpêtrière.

 

 

 

4. Le Diable

 

Il a un physique monstrueux et est rempli de méchanceté. Il provoque terreur et épouvante car il peut apparaître sous la forme d'un dragon, d'un serpent, d'un bouc...D'après l'imagerie populaire, il est cornu et vit sous terre ou dans les endroits impressionnants (d'où les expressions gorges, ravins pics du diable).

 

Pour les juifs, le diable a un rôle secondaire, ce n'est pas l'ennemi de Dieu mais celui de l'homme. Dans le monde chrétien, il est plus ou moins actif au Moyen Age. Leur vision du monde est simple : il y a les chrétiens du côté de Dieu et les autres au côté du diable.

 

Dans les romans de croisade (1096-1270), les musulmans bronzés sont "l'armée du Diable". Les juifs sont accusés d'avoir tué le Christ et de pratiques sataniques. Ensuite, les hérétiques sont les agents du Diable. Dès le 14° siècle, les ennemis du roi sont présentés comme les suppôts de Satan.

 

Ce dernier devient, alors, l'explication à toutes les catastrophes naturelles et de tout ce qui dérange les autorités politiques et religieuses.

 

Il agit selon trois modes d'action :

 

  • la tentation. Sous chaque tentation, se cachent le Diable et les démons. C'est à la fois une incitation du Diable à faire le mal et une épreuve de Dieu.

     

  • l'infestation, il persécute les saints pour qu'ils abandonnent leurs vocations

     

  • la possession

     

 

 

5. La répression

 

La chasse aux sorcières a duré environ 300 ans.

 

Elle a commencé aux environs des années 1420-1430 dans une zone qui comprend le Dauphiné, entre les Alpes françaises et suisses. Les vaudois sont considérés comme les premiers sorciers. Ils étaient les disciples de Pierre Valdo (marchand lyonnais) qui au 12° siècle prêchait et pratiquait la pauvreté angélique. Ce groupe a été déclaré hérétique par le Pape et s'est refugié dans les hautes vallées alpines.

 

Il y a eu deux grandes périodes : de 1480 à 1520 avec peu de victimes et de 1580 à 1680 avec un nombre important de victimes. Jusqu'à la fin du 17° siècle, la population rendait justice elle-même en traînant, fouettant, lapidant, noyant ou brûlant les accusés qui était en majorité des femmes.

 

5.1 La délation

 

N'importe qui peut dénoncer une sorcière, étant donné que c'est l'accusé qui doit prouver son innocence. Dans certains villages, il y a même des boîtes aux lettres de délations. En tout cas, ne pas dénoncer de sorcière peut laisser entendre qu'on est un complice. La venue d'un juge dans un village facilite la délation.

 

L'accusée ne sait pas tout de suite qu'on la soupçonne sinon elle fuirait. Une fois l'enquête terminée, elle est arrêtée puis interrogée. Lors de cet interrogatoire, tout geste de la sorcière peut paraître suspect. S'il se révèle inefficace, on passe à la torture. Certaines accusées avouent rien qu'en voyant les instruments de torture.

 

D'après les écrits de l'époque, on peut remarquer qu'il y a une grande différence entre le discours imprégné de démonologie, cherchant à imposer leur façon de voir les choses et la déposition de l'accusé. Les paysans dénoncent le tort qu'une personne fait à la communauté et / ou à ses membres. Ces faits "simples" sont transformés en actions maléfiques.

 

5.2 Le procès

 

Dans une procédure normale, les témoins visent à confirmer et appuyer les malversations ou décharger l'accusé. Il y avait des conditions à respecter pour qu'un témoignage soit recevable :

 

  • les témoins doivent être des gens de bien, de bonne renommée et non suspects

     

  • ils ne doivent pas agir par amour, haine ou faveur

     

  • le juge doit pouvoir vérifier leur âge, s'ils peuvent se souvenir et savoir de quoi ils parlent

     

Pour les procès de sorcellerie, tout cela n'est pas vérifié. En effet, les enfants, les comparses et même les criminels ont le droit de témoigner ; on peut aisément imaginer l'influence qu'ont pu avoir certains adultes sur des enfants ou des esprits facilement manipulables. En parallèle, s'installe une véritable panique.

 

Pour prouver la culpabilité d'un accusé, il suffit de prouver sa mauvaise réputation (comment prouver quelque chose d'aussi abstrait...), son lien de parenté avec d'autres accusés ou de trouver à son domicile des objets douteux, tels que des boîtes de graisse, des onguents, des potions, des crapauds, des serpents, un chapelet sans croix ou qui n'a pas cinq douzaines de perles ou plus simplement un livre de magie. Tout devient prétexte pour accabler le sorcier, comme tous les maux contre lesquels on ne peut pas s'imaginer et contre lesquels on ne voulait pas lutter.

 

Lors des procès, on voit l'opposition entre la culture savante du juge, soutenu par l'écrit et la culture populaire de la vieille femme, soutenue par des traditions orales.

 

5.3 Question et châtiments

 

Les différentes moyens de faire avouer ou d'exorciser une sorcière sont aussi cruels que variés:

 

  • dépouiller la sorcière de ses vêtements, de son épiderme puis le brûler et voilà, elle est exorcisée;

     

  • attacher la suspecte à un tabouret en liant son pouce droit à son orteil gauche et inversement, si par chance, elle coule elle sera innocentée et pourra être enterrée en terre chrétienne;

     

  • attacher la sorcière à une planche de bois et la plonger la tête en bas, pendant qu'on récite des versets de la Bible. Bien sûr, dans cette position n'importe qui mourrait;

     

  • déshabiller, raser la sorcière et l'inspecter pour trouver la marque du Diable (c'est une marque : une cicatrice, un grain de beauté, une tâche de naissance apposée par Satan lui-même sur les personnes qui ont pactés avec lui, elle résiste à la douleur et à toutes dégradations). L'inquisiteur se pique avec un vrai pique pour prouver qu'il est efficace et en prend un autre dont la pointe se rétracte pour la sorcière. Bizarrement, le nombre de sorcières découvertes de cette façon est assez important;

     

  • " la Balance " : on pose la suspecte sur le plateau d'une balance, sur l'autre, il y a une Bible. Pour être innocenter, la suspecte doit être plus légère que le livre;

     

  • la question à l'eau : l'accusé est attaché et doit avaler 9 litres puis 9 autres litres;

     

  • le chauffement des pieds;

     

  • l'introduction de pointes de fer sous les ongles;

     

  • "les brodequins" : des pièces de bois appliquées sur les jambes et serrées au moyen de cordes.

     

 

 

Il était interdit de torturer un accusé plus de trois fois et il devait y avoir un intervalle d'un jour entre chaque séance. Cette pause n'était en aucun cas faite pour ménager l'accusé mais pour lui faire peur.

 

La torture sera abolie en 1782 par Louis 16.

 

Les châtiments possibles sont :

 

  • la libération (soyons honnêtes, c'est assez rare...), cela provoquait dix ou vingt ans plus tard de nouvelles rancœurs.

     

  • la pénitence comme le pilori

     

  • le bannissement (l'accusé doit laisser tout ce qu'elle possède et partir, c'est souvent une espèce de mort différée)

     

  • une amende

     

  • le bûcher

     

Au 15° siècle, les accusés sont brûlés vifs, alors qu'au 16°, ils sont étranglés, avant le bûcher. Les loups-garous, eux, sont jetés vivants au feu. Au 17°, ils sont tous étranglés. Les cendres son jetées dans une rivière ou dispersées au gré du vent. Dans tous les cas, les décès ne sont pas enregistrés.

 

Dès le 16° siècle, certains auteurs tels que Montaigne, Cyrano de Bergerac ou Jean Wier s'indignent face à ses pratiques.

 

5.4 L'exorcisme

 

Il permet à Dieu de prouver sa supériorité par rapport au Diable. Il revêt un certain aspect théâtral et spectaculaire pour frapper l'imagination du peuple. En 1614, il est demandé aux exorcistes de faire preuve de prudence et de discernement : tout ne doit pas être prétexte à un exorcisme. Il symbolise le combat des forces du bien contre celles du mal.

 

A notre époque, ils existent encore des exorcistes, mais ils sont priés de faire preuve de discrétion. Ils ne veulent pas qu'on confie les possédés aux psychiatres. Leurs pires craintes sont que les catholiques se tournent vers des exorcistes protestants ou pire vers des membres de sectes, des désenvoûteurs ou des extralucides. Ils déclarent qu'environ 2 % de la demande relève d'une véritable possession.

 

 

 

6. Les Affaires Particulières

 

6.1 Salem *

 

C'est un des plus célèbres évènements de la chasse aux sorcières, il s'est déroulé au printemps 1692 à Salem, Massachussetts aux Etats-Unis.

 

Salem a été fondée en 1629 par un groupe de marchands et de pêcheurs. Ces fondateurs sont des puritains décidés à créer une société nouvelle. Peu à peu, Salem, ville portuaire opulente, s'intéresse moins à la Bible et devient "Yankee". La dynamique protestante se fait sentir dans la vie quotidienne des habitants par le travail, la vertu, la rigueur et aussi par l'éducation (le collège d'Harvard est fondé en 1636 par Increase Matter qui ne croyait pas du tout à la vague de sorcellerie de 1692, à mi-chemin entre Boston et Salem). Le septième jour est appelé "Sabbat" et non plus "Sunday" trop païen. L'inquiétude monte auprès des habitants de Salem, car durant l'été 1690 éclatent des guerres indiennes qui provoquent des massacres horribles. De plus, les pasteurs se livrent à une prédication millénariste, baignée dans l'attente du dernier jour et fondée sur l'Apocalypse de Jean. Dans ce contexte, quand apparaissent les premiers cas de possession, la population est persuadée qu'il s'agit d'une attaque de Satan contre les élus de Dieu.

 

Salem est en fait un ensemble de fermes très éparpillées avec au bord d'une route centrale, une "meeting house" (une église) en planches, dont le pasteur est depuis 1689, Samuel Parris, qui habite Salem avec sa femme, Elizabeth, sa fille Betty, sa nièce Abigail Williams et sa servante indienne Tituba, acquise à la Barbade. C'est par lui que Satan va se manifester.

 

En février 1692, un hiver exceptionnellement froid, la jeune Betty est pris d'un mal étrange : elle se tord de douleur, se plaint de fièvre, se jette sous les meubles, se cogne partout... Son mal peut avoir plusieurs explications : l'adolescence, l'épilepsie, l'asthme... mais celle qui va être retenu est la sorcellerie... Cette thèse va se développer quand 3 amis de Betty, dont Ann Putnam, la fille d'un des hommes les plus influents de la ville, vont souffrir des mêmes symptômes mystérieux. Le médecin est impuissant face à ce mal et conclut à une cause supernaturelle, appuyé par la croyance que les sorcières s'en prennent surtout aux enfants.

 

Une voisine propose de faire un contre-sort et demande à Tituba de préparer un pain de seigle avec l'urine de la victime et de le donner à un chien : on croyait qu'ils étaient les moyens qu'utilisaient les sorcières pour atteindre leur cible. A ce moment, on commence à suspecter Tituba, car elle racontait aux petites filles des histoires de son pays. Un jour, elle se mit même à lire leur avenir dans une boule de cristal improvisée (un blanc d'œuf cassé dans un verre), or la divination est strictement interdite dans la Bible. Sa participation au pain de seigle est une raison de plus pour la suspecter.

 

Pendant ce temps, le nombre de victimes augmente...Elles se contorsionnent dans des postures étranges, tombent dans des positions prostrées et se plaignent de sensations de morsures, de démangeaisons. Dans un village où tout le monde croit que le Diable existe bel et bien, le mal suspect des jeunes filles devient vite une obsession. Ce mal est en fait l'hystérie...

 

Entre le 25 février, date à laquelle Tituba a fait le gâteau, et le 29 février, quand les mandats d'arrêts contre Tituba et deux autres femmes sont lancés, Betty et Abigail dénoncent leur tourmenteurs et la chasse aux sorcières peut commencer...Deux faits ont encouragé cette chasse : les filles sont très cohérentes dans leurs récits, preuve qu'elles inventaient tout ensemble et bientôt deux autres filles, dont la fille d'un des hommes les plus influents de la ville, vont dire qu'elle "voient des sorcières voler dans la brume d'hiver".

 

Les trois premières à être accusées sont Tituba, choix évident, Sarah Good, une mendiante et inadaptée sociale qui vit où elle peut, et Sarah Osbourne, une vieille femme querelleuse et qui n'avait pas assisté à la messe depuis au moins un an. Le 1er mars 1692, les trois femmes sont interrogées publiquement, sans être aucunement molestées, dans la meeting house de Salem. Les victimes décrivent avoir été attaquées par les spectres des accusées et tombent dans une posture contorsionnée quand elles sont en présence d'une des accusées. D'autres villageois en rajoutent : le beurre et le lait tourne, les bêtes sont malades ou naissent déformés après la visite d'une des trois femmes. Les magistrats, qui ne croient pas du tout à l'innocence des accusées, leur pose sans cesse les mêmes questions du style: Etes-vous une sorcière ?, Avez-vous vu Satan ?, Si vous n'êtes pas une sorcière, comment expliquez-vous les contorsions des victimes en votre présence ?....

 

Tout cela aurait pu se terminer avec de simples remontrances, quand Tituba avoue (elle avait farouchement nié, mais elle a changé d'avis par peur d'être un bouc-émissaire) qu'elle a été approché par un homme de Boston, le Diable apparemment, qui apparait parfois sous la forme d'un chien ou d'un porc. Il lui a demandé de signer dans son livre et de faire son travail. Donc elle est une sorcière et avec ses collègues, dont Sarah Good et Osbourne, elle a déjà volé sur son balai. Elle a essayé de demander conseil aux révérend Parris, mais le Diable l'en a empêché. Sa confession réduit au silence les plus sceptiques et les persécuteurs redoublent de zèle dans leur chasse.

 

Bientôt de nouvelles personnes sont citées par les jeunes filles, même Mme Putnam, femme d'un des hommes les plus influents de la ville et mère d'une des victimes, ainsi que la fille de Sarah Good, âgée de 4 ans (!), une des filles déclare qu'elle a été mordu par le spectre de la petite fille, la première enfant à être accusée de sorcellerie. Elle a été emprisonné pendant 8 mois, a regardé sa mère partir à la potence et est devenu folle. Les accusations et les performances de plus en plus rodées des jeunes filles, dont celle d'être rendu muette, recevaient un bon accueil de la population crédule.

 

Coincées en prison, les accusées commencent à se dire qu'il vaudrait mieux avouer pour avoir de trop gros problèmes, Delivrance Hobbs est la seconde à admettre avoir pincer les filles à la demande du Diable et avoir voler sur son balai pour se rendre à un sabbat. Les prisons se remplissent et la communauté est au bord du chaos, le gouverneur demande une action rapide.

 

Il créé ainsi un nouveau tribunal, la "court oyer et terminer", pour écouter les cas de sorcellerie. Cinq juges la composent. Le président est William Stoughton, lieutenant général et ancien pasteur, un homme intègre mais dur et inflexible. Les juges sont priés d'accréditer les aveux et de reconnaître les "preuves spectrales" (les témoignages des victimes qui ont été visité par les spectres des accusées). Des prêtres assistent les juges, souvent sans aucune qualification légale, sur les problèmes se rapportant à la sorcellerie. Des pratiques qu'on pourrait trouver plus que douteuses à notre époque ont pourtant été accepté dans cette cour : les ouï-dire, les rumeurs, les suppositions, les juges ont autorisés le "test du toucher" : on demande aux accusées de toucher les victimes pour voir si leur contact pouvait stopper les contorsions et on examine le corps des accusées pour voir si elles n’ont pas de marques : grains de beauté ou autres marques. Les accusées n'avaient pas de conseil légal (avocat), ni de témoins en leur faveur et ne pouvaient pas faire appel. Cependant, elles pouvaient se défendre elles-mêmes, produire des preuves et faire un contre-interrogatoire de leurs accusateurs. Bien sûr, toutes les accusées ne profitaient pas de ces modestes avantages, cela dépendait de leur place dans la communauté et de leur perspicacité.

 

La première sorcière a avoir été amener devant les tribunaux est Bridget Bishop. Elle a presque 60 ans, propriétaire d'une maison de mauvaise réputation, elle critiques ses voisins et ne paye presque pas ses factures. C'est une très bonne candidate pour une accusation de sorcellerie. Le fait que le plaignant la choisisse en premier prouve qu'il croyait que ce pourrait un exemple fort. Le 2 juin 1692, lors de son procès, beaucoup de personnes témoignent qu'ils ont vu son image voler des œufs et se transformer en un chat. D'autres accusées témoignent qu'elle est l'une des leurs. Un homme prétend qu'elle l'a visité la nuit dans son lit. Elle aurait un excès de chair, possible marque. Tous les habitants du village témoignent contre elle : un envoutement, une apparition, elle aurait même fait s'écrouler un pan de l'église en la regardant...!!! Evidemment, elle est reconnue coupable et condamnée à mort le 10 juin 1692.

 

 

 

 

Lors de l'été 1692, le rythme des procès s'accélère... Toutes les accusées ne sont pas aussi louches que Bridget Bishop. Rebecca Nurse est une femme pieuse et respectée. Cependant, elle fait partie de la famille Topsfield, une famille opposée à la famille Putnam... elle est donc avec ses deux sœurs accusé par la fille Putnam (une des accusatrices depuis le début) et la mère (une des accusées). Le jury ne la condamne pas, le plaignant spécial leur demande alors de reconsidérer leur décision et de bien prendre en compte une déclaration de Mme Nurse qui peut être un aveu (en fait, c'est plutôt un malentendu, vu qu'elle est vieille et presque sourde). La deuxième fois, il la condamne à mort. Avec 4 autres accusées, elle est pendue le 19 juillet 1692.

Les personnes qui se moque de ces procès risquent aussi d'être la cible d'accusation. Comme John Proctor (personnage central de l'œuvre d'Arthur Miller sur la chasse aux sorcières de Salem), il tenait la taverne de Salem et n'avait pas peur de dénoncer ouvertement les procès. Plusieurs personnes témoignent contre lui... Il se défend, veut que son procès soit transféré à Boston, se plaint de la torture et accuse les sorcières de mentir. Ses efforts sont vains. Il est pendu. Sa femme, aussi accusée, n'est sauvée que parce qu'elle est enceinte.

 

Cependant, l'exécution qui a le plus marquée est celle de George Burroughs, un ancien prêtre du village. En 1692, il vit dans le Maine et pourtant, il est identifié comme le meneur des sorcières. Une historienne, Mary Beth Norton, explique que l'enthousiasme à persécuter les soi-disant sorcières de Salem vient du fait que les juges, qui malgré qu'ils aient joué des rôles importants dans les guerres indiennes pour la défense de leur frontière ont lamentablement échoué, dévie donc l'attention sur la sorcellerie pour faire oublier leur défaite.

 

Une trentaine de personnes ont témoigné contre M. Burroughs. Le public a été choqué lorsqu'il a pu réciter Notre Père parfaitement (on pense que les sorcières sont incapables de se souvenir de telle chose). Il a continué à clamer son innocence haut et fort jusqu'à la fin.

 

Après avoir passé 5 mois enchaîné à Salem avec sa femme, Giles Crovey, un homme de 80 ans, refuse d'être jugés, car s'il se fait juger sa ferme ira à l'Etat, alors qu'il veut la léguer à ses gendres. La condamnation pour une telle décision est une peine dure et forte. Il meurt écraser par des pierres de plus en plus grosses le 22 septembre 1692. Trois après sa mort, 8 accusées sont pendues, dont sa femme. Ce sont les dernières victimes.

 

Au début de l'automne 1692, le besoin de victimes à Salem se fait moins pressant. L'élite instruite de la communauté se pose des questions sur les accusations de personnes respectables, le Révérend hésite également sur cette hystérie de chasse aux sorcières. Deux intellectuels écrivent des études sur le sujet et les remettent au gouverneur. Il est plutôt convaincu car il suspend le test du toucher, les preuves spectrales et demande des preuves tangibles. Ainsi, 28 des 33 procès finissent par un acquittement et les 3 dernières accusées sont graciées. En mai 1693, le gouverneur relâche toutes les prisonnières...

 

A la fin de la chasse, 19 personnes ont été exécutées, 4 sont mortes en prison, un homme a été écrasé et deux chiens ont été exécutés comme complices. Entre 100 et 200 personnes ont été arrêtées et emprisonnées pour sorcellerie.

 

Une période d'expiation commence à Salem. Un des juges fait des excuses publiques. Des jurés se disent trompés et malheureusement désillusionnés. Le Révérend Parris reconnait des erreurs de jugement et est vite remplacé par Thomas Green, qui passe sa vie à réconcilier la communauté. Le gouverneur remet l'entière faute de cette affaire sur William Soughton. Ce dernier, un des plus gros responsables, refuse de s'excuser. Il va même jusqu'à critiquer le gouverneur d'avoir interférer quand il allait nettoyer le pays des sorcières. M. Soughton est tout de même devenu gouverneur du Massachussetts par la suite.

 

 

 

6.2 Loudun **

 

 Nous sommes en 1632, dans la ville de Loudun en Touraine, Urbain Grandier est prêtre, curé de Saint Pierre du marché de Loudun,et chanoine de l'Eglise Sainte croix dudit lieu. C'est un prêtre tourmenté aux mœurs suspectes.

 

Il a pour adversaire le Cardinal de Richelieu en personne. Ses ennemis lui reproche son libertinage, et son écrit : le traité sur le célibat des prêtre, met Richelieu hors de lui .

 

La rivalité des 2 hommes mènera à une des plus grandes injustices et manipulations du XVII° siècle puisqu'après la mort de Grandier, les possessions continuèrent !

 

La faiblesse de Grandier : la jeune Mignon qui sera enceinte de lui et qui n'est autre qu'une parente du directeur du couvent des Ursulines. Grandier est accusé d'avoir souillé l'Eglise en forniquant dans son enceinte même. Le scandale allait s'amplifier et la langue de la population fit grandir l'histoire et l'on accusa Grandier d'avoir abuser de plusieurs religieuses qui devinrent alors hystériques et leurs rêves furent hantés par Grandier. Elles avaient des crises, hurlaient, blasphémaient.

Par Teddipearl
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Jeudi 13 avril 2006

J'ai été avec ma petite nièce, à la bibliothèque...et je suis tombée par hasard sur un livre qui m'a fait beaucoup rire... Cela s'appelle L'imagerie des sorcières et des fées d'Emilie Beaumont, aux éditions Fleurus Enfants. Je vais vous mettre quelques textes mais il faut aussi voir les images car c'est pas mal...

Les sorcières

L'apparition des sorcières et des fées

    Une légende raconte qu'il y a très, très longtemps, la Terre était recouverte de volcans. Le ciel était sombre et envahi de fumée. L'homme n'avait pas fait son apparition, mais d'horribles géants vivaient au milieu de ce chaudron. Des millions d'années plus tard, les volcans se calmèrent, des lacs et des océans se formèrent et la Terre s'habilla de forêts et de fleurs. Les géants monstrueux se transformèrent en fées, sorcières, nains, elfes et autres esprits de la nature.

Quelques sorcières

    Toutes les sorcières ne se ressemblent pas. Il y en a des petites, des grandes, des mignonnes et des moches...surtout des moches.

  • la gourmande se gave de gâteaux au chocolat fourrés aux vers de terre
  • la coquette fait tous les concours de laideur sans jamais les gagner
  • la savante est plutôt délirante avec ses fioles et ses éprouvettes
  • la cruelle n'est pas belle et, en plus, c'est une malade des ciseaux
  • tout glisse, tout se casse entre les mains de la sorcière maladroite : ce n'est pas normal
  • avoir peur de tout, pour une sorcière, c'est pas la joie. La peureuse n'est pas heureuse !
  • pour la sorcière cuisinière, tout est bon pour améliorer l'ordinaire : un rat et des serpents, ça donne du piment
  • la sportive s'entraîne toutes les nuits au clair de lune pour les Jeux Olympiques des sorcières
  • les jumelles jettent des sorts deux fois plus forts. C'est pas très drôle, sauf pour elles !
  • un, deux, trois, quatre, cinq, six, la sorcière danseuse ne pense qu'à faire des entrechats... noirs, évidemment
  • l'artiste est tyrannique. Il faut prendre la pose et rester en équilibre. C'est pas une vie pour un chat
  • l'acrobate fait un numéro de rap entre les dents de son croco. Elle trouve ça très rigolo !
  • quand une pipelette rencontre une autre pipelette, qu'est-ce qu'elles se racontent ? Des potins de sorcières ?
  • adoptée par des pirates quand elle était petite, la sorcière des mers sème la terreur
  • la jardinière n'a qu'une obsession : faire pousser en une nuit des orties et des plantes carnivores
  • la sorcière vétérinaire n'a pas son pareil pour soigner les chats vieillissants à coups de fortifiants

Les sorcières du monde entier

    Les sorcières sillonnent le monde au moment de leur rendez-vous annuel. Elles volent prfois sur de drôles de machines.

  • l'écossaise rit et s'amuse sur son balai-cornemuse
  • l'italienne ne supporte que les pâtes. Même ses serpents sont changés en spaghettis.
  • quand on croise la chinoise, attention à son dragon ! Il a perdu la raison et crache du feu pour un oui, pour un non !
  • même en vol, la sorcière espagnole joue des castagnettes...à en donner mal à la tête à son hibou
  • l'indienne fait danser son serpent sur son tapis volant
  • la canadienne est un vrai trappeur qui n'a jamais peur
  • installée sur sa troïka, la russe ne se presse pas. Ses grelots ne cessent de tinter...pour annoncer son arrivée
  • avec son balai-sphinx et son chapeau-pyramide, l'égyptienne n'est pas rapide
  • la suissesse dévale les montagnes à califourchon sur son cor des Alpes
  • l'africaine s'envole sur son boa géant, qui ondule au son de son tam tam
  • la française est originale, avec son coq qui chante cocorico
  • avec son balai-cheval et son lasso-serpent, l'américaine est dans le vent
  • l'anglaise n'est pas très à l'aise sur sa théière plutôt grossière

L'enfance d'une sorcière

    Les petites sorcières naissent par les nuits de pleine lune dans un château en ruine au milieu d'une sombre forêt

Dès sa naissance, elle reçoit des dons...

Toute petite, elle maquille déjà sa poupée en vampire.

Ce qu'elle adore, c'est jouer sur son balai à bascule

Les boums des jeunes sorcières

    Les jeunes sorcières organisent des soirées endiablées avec leurs amis les vampires, les squelettes, les démons et autres petits monstres. Elles racontent qu'elles dansent. C'est beaucoup dire : elles se remuent, se trémoussent, se dandinent sur la dernière musique à la mode.

L'école des jeunes sorcières

    Devenir une grande sorcière demande beaucoup de travail. Les études sont longues et le diplôme difficile à obtenir. Tout ce que doit savoir une sorcière pour être parmi les meilleures...

  • reconnaître les bons champignons....c'est à dire, ceux qui sont dangereux pour les humains
  • appliquer des recettes sans se tromper
  • faire pousser des orties et des mauvaises herbes
  • apprendre à faire tourner son chat
  • s'entraîner à jouer une musique ensorceleuse
  • rester en équilibre sur son balai
  • connaître toutes les formules magiques par coeur
  • se transformer en oiseau ou autre petite bête pour passer inaperçue

La maison de sorcière

    Bien qu'elle soit plutôt vieille, la maison de sorcière resemble aux autres, à part quelques petites différences comme la girouette !

  • le salon : après un après-midi passé devant son chaudron, la sorcière aime se détendre dans son salon et regarder son poste de télévision. Elle invite souvent une amie pour papoter sur les mauvais sorts à la mode tout en sirotant une petite infusion d'orties.
  • la chambre : quand elle ne passe pas la nuit dehors, la sorcière se couche tôt... et jamais seule : son chat ne la quitte pas et son crocodile dort au pied du lit. Après avoir retiré son dentier, mis son réveil à sonner et enfilé son bonnet, la sorcière lit une page de son grimoire pour faire de beaux cauchemards.
  • la salle de bain : chaque matin, après sa lessive, la sorcière prend son bain avec ses animaux préférés. Le crocodile, lui, est un peu envahissant ! Masque d'orties marinées au pipi de chat, bain moussant à la menthe amère et aux vers de terre, grattage du dos à la brosse-hérisson, shampooing ébouriffant, voilà des recettes de beauté pour une sorcière pleine de vitalité
  • dans la cuisine : le four-dragon est du dernier cri. La cuisinière est un epu vieille mais pour mijoter un pot-au-feu aux serpents jaunes, c'est impeccable. En cuisine, la sorcière n'est pas très douée ! Elle adore les crêpes farcies aux fourmis, mais elle a un problème : elle ne sait pas les faire sauter !
  • le laboratoire : gros chaudrons, bocaux à monstres, fioles de pipi de chauve-souris, de bave de crapaud et de venin de serpent, champignons mortels et vieux grimoires, voilà ce que l'on trouve dans un laboratoire de sorcière. Un potion magique est difficile à réussir : la sorcière doit passer plusieurs heures devant son chaudron à faire des essais.

Les animaux des sorcières

    Une sorcière ne vit jamais seule. Elle a toujours près d'elle ses animaux préférés, ce qui l'oblige souvent à faire quelques petits aménagements dans son intérieur parce qu'ils sont parfois un peu envahissants. Mais elle les aime beaucoup, car ils lui sont indispensables pour faire un travail efficace.

  • le dragon souffle sous le chaudron pour porter la potion à ebullition
  • le crocodile fait la police quand il y a du chahut
  • le crapaud joue les séducteurs : il doit ramener ses amies à la maison
  • les chauves-souris font leur pipi bien au-dessus des petites bassines
  • le chat fait la pluie et le beau temps en se grattant l'oreille
  • le hibou lui lit ses recettes et vérifie ce qu'elle fait
  • l'araignée tisse sa toile pour capturer les moustiques, très utiles
  • le corbeau distribue son courrier et rapporte les cancans des pipelettes

La boutique de vêtements

    Pour être la plus belle au bal annuel, les sorcières branchées vont toutes s'habiller chez l'Ensorceleuse. Tout y est à la dernière mode : chaussures sur mesure, chapeaux rigolos, robes avec accessoires, colliers, sacs et lunettes noires. Il y a tout pour se faire voir.

Supermarché à balais

    Le balai est le moyen de transport le plus utilisé par les sorcières. Les fabricants inventent tous les ans de nouveaux modèles. Ils sont bien adaptés au mode de vie et aux goûts de chaque sorcière. Du balai supersonique pour les voyages interplanétaires au simple balai traditionnel, on trouve tout chez Balaimobile.

Supermarché pour socières

    Le supermarché, c'est l'endroit rêvé des sorcières diplomées. Elles y trouvent tout ce qu'il faut : venins en tout genre, yeux de caïmans, guêpes séchées, queues de crocodiles, pipis de toutes les couleurs, etc. Les sorcières remplissent leur chariot en un clin d'oeil.

Travail de nuit

    Quand la sorcière ne trouve pas ce qui lui plaît au supermarché, elle va dans la forêt la nuit pour faire ses provisions. Les meilleurs champignons de sorcière sont ceux qui ont un chapeau rouge à points blancs. Attentoin, danger, il ne faut pas y toucher. Les oeufs de crapaud sont bien meilleurs quand ils sont ramassés après minuit, sous un rayon de lune.

Bibliothèque de sorcières

    Quand une sorcière ne trouve pas la bonne potion, elle n'a qu'une solution : chercher dans les grimoires les formules magiques que ses ancêtres ont inscrites. Vroum, un dragon sort d'un vieux grimoire ! Cela arrive souvent quand les sorcières n'ont pas assez de savoir-faire.

Matériel pour sorcières

    Pour faire toutes les potions magiques, il faut du bon matériel, c'est plus pratique... La qualité du chaudron n'est pas à discuter : il faut y mettre le prix, c'est pour la vie qu'on investit ! Les éprouvettes sont faites pour bien doser, elles sont en verre et ce n'est pas toujours une bonne affaire, surtout quand on est une sorcière pas très adroite !

Le salon des sorcières

    Tous les ans se déroule le Salon des sorcières. Là sont présentées les dernières trouvailles pour améliorer les potions magiques et la vie quotidienne des sorcières. Lors du dernier salon, l'inventioj la plus remarquée a été celle du balai pliable. Pratique et facile à transporter, il se range sans souci dans un placard et se glisse dans un sac.

Activité des sorcières

    Les sorcières ont une grande activité, mais on ne s'en aperçoit pas toujours. Pourtant, quelques fois, on se pose des questions !!! Quand le jardin est recouvert de toiles d'araignées, c'est que des sorcières sont venues pendant la nuit. Les sorcières déclenchent des tempêtes : elles font tourner leur chat trois fois au-dessus de leur tête et elles le lancent dans les flots.

    Un des passe-temps favoris des sorcières est de jouer des tours et de faire peur aux enfants, qui sont si sages et si mignons. Les sorcières se faufilent parfois dans les magasins. Elles font exprès des bêtises pour que les enfants se fassent disputer. Si une vieille femme au nez crochu élève des chats et chasse les enfants à coups de balai, attention, c'est sûrement une sorcière... (bon alors selon cette définition, je connais beaucoup de sorcières...!!!)

Les amis des sorcières

Les nains

Vieux, ridés, petits, les nains sont d'étranges créatures, vêtues comme les paysans du Moyen-Age, qui travaillent dans les mines et les grottes. Ils habitent en général dans de petites maisons au pied des montagnes. Ils fabriquent des bijoux, qu'aucun homme ne peut réaliser. Ils creusent des galeries, à la recherche de pierres précieuses. Ils forgent des épées invincibles pour les chevaliers. Ils sont les gardiens des trésors enfouies sous la terre.

Dans une légende, des nains obligent les hommes à sauter et à danser jusqu'à ce qu'ils s'évanouissent.

Une autre histoire raconte que d'horribles petites vieillards attaquent les cavaliers égarés et les entraînent dans des marécages où ils se perdent.

Les vampires

Qu'est-ce qu'un vampire ? Une créature monstrueuse, très méchante, qui donne la chair de poule quand on l'aperçoit ! Un vampire a des ongles longs comme des griffes, deux grandes canines et le teint blanc. Il terrorise les gens, boit du sang, tue sans pitié et peut transformer ses victimes, comme lui.

Le vampire habite un château près d'un cimitière et d'un village. Il dort dans un cercueil, veillé par son serviteur. Le serviteur doit trouver des animaux morts pour son maître. Il attaque surtout les jeunes filles et boit leur sang. Contre les vampires, il faut porter des colliers d'ail, en pendre partout dans la maison et en frotter les animaux : les vampires détestent l'ail ! Un vampire ne peut pas se voir dans un miroir. Pour tuer un vampire, il faut lui transpercer le coeur avec un pieu.

Les fantômes

Un vieux château, un monstre, qui sort de l'eau, une nuit de pleine lune, les douze coups de minuit qui sonnent : le fantôme n'est pas loin !

Si, une nuit, les portes claquent, le plancher grince et des "ouh" retentissent, il faut se cacher sous les draps ou quitter la maison : le fantôme est là.

Les fantômes passent d'un pièce à l'autre à travers les murs. Des vaisseaux fantômes hantent les océans.

Les diablotins

Petits, avec une queue fourchue, les diablotins habitent l'enfer. S'ils se glissent parmi les hommes, c'est pour leur faire faire des bêtises ! Ils se rassemblent la nuit avec les fantômes, les squelettes et autres adorables monstres pour se moquer des vivants.

Et voilà c'est tout... alors si vous voulez voir les dessins délirants de François Ruyer, Colette David et Sophie Toussaint allez voir le livre L'imagerie des sorcières et des fées aux Editions Fleurus Enfants...

Par Teddipearl
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Jeudi 13 avril 2006
 

Petit récapitulatif sur l'histoire de la Franche-Comté....

La Franche Comté, telle qu'on la connaît aujourd'hui, c'est-à-dire le Jura, le Doubs, la Haute-Saône et le Territoire de Belfort, ne ressemblait pas à ce qu'elle était à l'époque de la chasse aux sorcières (entre 1450 et 1750). En effet, Montbéliard et Belfort n'en faisaient pas partie.

Belfort et sa région ont appartenu à l'Alsace germanique jusqu'en 1678. Ainsi, en 1354, dix villes alsaciennes (telles que Strasbourg, Wissembourg, Haguenau, Colmar, Mulhouse) s'unissent et forment une ligue, la Décapole. Au sein de cette ligue, les grandes familles détiennent le pouvoir jusqu'au début du 14° siècle. Par la suite, les différents métiers s'organisent en corporations et constituent des Conseils Dirigeants. De 1618 à 1648, sévit la guerre deTrente Ans, qui ravage l'Alsace et entraîne son annexion par la France en 1678, sauf Strasbourg, qui le sera en 1681. En 1871 (après la guerre de 1870), l'Alsace et la Lorraine deviennent allemands, à l'exception de Belfort qui est alors intégré à la Franche Comté. En effet, Belfort est récompensé pour avoir resisté à un siège d'une centaine de jours, d'où la présence à Belfort d'une sculpture en forme de lion, symbole de courage.

La principauté de Montbéliard était rattachée au Wurtemberg (comté en 1135, duché en 1495, puis sous la suzeraineté des Hasbourg de 1520 à 1599), elle était un pôle de la Réforme protestante. Elle n'est rattachée à la France qu'en 1801 par le traité de Lunéville.

La Comté a été espagnole de 1558 à 1678. Elle a donc connu les règnes de

  • Philippe II : 1556-98
  • Philippe III : 1598-1621
  • Philippe IV : 1621-65
  • Charles II : 1665-1700.

Le traité de Nimègue de 1678 la restitue à la France.

Elle a donc connu la chasse aux sorcières sous deux royaumes différents.Cependant, cela n'a pas beaucoup influencé cette période trouble car la Comté, bien qu'espagnole, était assez indépendante à cause de l'éloignement de la péninsule ibérique.

Ainsi, au début de la chasse aux sorcières, la Comté est une province espagnole, il serait plus exact de dire qu'elle était sous la protection espagnole et vaguement rattachée aux Pays Bas (également espagnols). Cette situation entraîne donc une assez grande autonomie : le Parlement de Dole (alors capitale de la région) a des compétences dans beaucoup de domaines : politique, religieux, économique, militaire, judiciaire. Dès 1534, il est divisé en deux chambres, qui interviennent chronologiquement dans les procédures.

1. Prémices des persécutions

Au 15° siècle, ce sont plutôt les protestants qui sont persecutés. En effet, la Comté est entourée de territoires majoritairement protestants : la Principauté de Montbéliard, celle de Genève et le Pays de Vaud.

Le tribunal de l'Inquisition est créé au 12° siècle, pour lutter contre l'hérésie (doctrine d'origine chrétienne contraire à la foi catholique et condamnée par l'Eglise). Cependant, il est peu apprecié des comtois et du Parlement de Dole, qui ne cesse de réduire ses fonctions.

1534 est une date importante dans l'histoire de la chasse aux sorcières en Comté. La justice civile commence à s'intéresser aux sorciers, auparavant crime relevant exclusivement du tribunal de l'Inquisition. Ainsi, le Parlement de Dole, influencé par divers ouvrages démonologiques (comme le Malleus Maleficarum) et par des articles de Charles Quint (1500-58, empereur germain de 1519 à 1558, roi d'Espagne sous le nom de Charles I et roi de Sicile sous le nom de Charles 4 de 1515 à1556) promulgue cette année-là un édit qui définit la compétence en matière de sorcellerie : les hérésies jugées par l'Inquisition et les sortilèges par les juges civils. Cependant, l'Inquisition aimerait pouvoir se libérer du Parlement car même dans les cas d'hérésie, la présence d'un juge civil est indispensable. Elle essaiera de se rebeller en 1618, en 1628 et en 1658, cette dernière entraînera une terrible chasse aux sorcières. Elle a donc jouée un rôle mineur dans la chasse aux sorcières en Comté.

 

2. Les textes de lois

En 1604, le roi d'Espagne promulgue le seul édit à propos de la chasse aux sorcières en Comté. Il conforte, ainsi, le bien-fondé des juges dans leur intervention et incite le Parlement à promulguer trois édits : celui de 1608 accroît le nombre de personnes qui peuvent intervenir dans un cas de sorcellerie. En effet, auparavant, seuls les Officers de Sa Majesté, les procureurs d'office et les lieutenants locaux avaient ce privilège. Ce nouveau texte de loi facilite et multiplie les poursuites. Cependant, en 1657, le Parlement réalise que cela a provoqué frénesies et abus. Ainsi, en 1658, il publie un autre édit, qui "protège" les accusés : ils doivent être conduits en prisons, l'enquête doit être menée par des juges non locaux et l'accusé ne doit pas être torturé.

D'ailleurs, les tortures autorisées en Comté sont :

  • le trépied brûlant : on force l'accusé à s'asseoir sur un tabouret brûlant
  • le tourment des menottes : on met des fers aux poignets de l'accusé, on les serre progressivement pour écraser lentement les os
  • la méthode de la pierre ou de l'estrapade : l'accusé est hissé avec un poids de 12 kg aux pieds grâce à une corde passée sous les bras et on la laisse retomber brutalement, ce qui entraîne la dislocation de la victime

En 1682, Augustin Nicolas traite de ce sujet dans un livre assez tardif, car il ne s'indigne pas vraiment contre la sorcellerie mais contre la torture.

 

3. Chronologie des procès

Entre 1434 et 1667, environ 795 procès ont eu lieu. Le 15° siècle est peu touché autant au niveau européen, qu'au niveau comtois (5 accusés). Au siècle suivant, malgré l'absence d'édits répressifs, 18 arrestations ont eu lieu entre 1500 et 1549. Cette tendance se confirme d'ailleurs en Espagne, en Artois, dans le nord de la France, en Autriche, en Pologne, à Genève et Zurich.

1584 : prémices

Entre 1550 et 1597, 97 personnes sont arrêtées.

1585-97 : calme

1598-1600 : répit

Entre 1597 et 1602, 47 personnes sont arrêtées. Cette vague est principalement principalement dûe à Henri Boguet (démonologue franc-comtois, grand juge de Saint-Claude de 1596 à 1616)

1604-14 : longue persécution

Entre 1603 et 1614, 246 personnes sont arrêtées. La crise a connu une telle intensité à cause des édits de 1604 et 1608 et de la publication du Discours Exécrable de Henri Boguet. Il compte 61 chapitres sur les problèmes que provoquent l'existence des sorcières et 70 articles, qui traitent de la manière d'intervenir en cas de crime de sorcellerie.

1615-26 : calme relatif

1627-32 : crise spécifique et violente

Entre 1627 et 1632, 171 personnes sont arrêtées. La plupart viennent de Luxeuil. Cette vague de répression est dûe à Jean Clerc (un baillis qui se croyait investi d'une mission chrétienne)

1633-53 : longue période de malheurs

Entre 1636 et 1646, a lieu la Guerre de Trente Ans, période assez pénible car on y voit horreurs et atrocités.

1653-57 : légère reprise

1658-61 : dernier sursaut

Cette nouvelle vague est dûe à Pierre Symard, qui a négligé les obligations administratives et législatives.

En effet, chaque crise avait un déclencheur, il ne faut pas oublier qu'ils ont trouvé un large écho chez les villageois...

Région

Date

Nombre de procès connus

Morts

Bannissement

Libération

Franche-Comté

1434-1667

700

59%

15%

26%

Artois

1373-1679

205

32%

?

?

Genève

1527-1681

337

21%

59%

14%

Luxembourg

?

547

65%

?

?

Montbéliard

1554-1661

203

76%

18%

1%

Namur

1509-1640

400

54%

?

?

Nord

1371-1783

294

49%

24%

6%

A Montbéliard, un édit satanique est promulgué en 1534 et renforcé en 1558. Ainsi, entre 1554 et 1564, 19 personnes sont arrêtées, face à 92 personnes entre 1577 et 1580. Cependant, la Principauté a accepté la reforme dès 1552, alors que la Comté la combat. Elle est touchée par une troisième vague en 1610 : 28 procès ont lieu entre 1616 et 1620.

Source : Sorcières, diables et bûchers en Franche-Comté de Brigitte Rochelandet.

Par Teddipearl
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